Inspire![]() Un grand changementLes écoles de l'Ontario sont sur le point de connaître un grand changementpar David Grady et David Overholt Le changement qui attend les écoles de l'Ontario est d'une ampleur comparable à celui pressenti par des millions de personnes qui ont écouté le président américain Barack Obama lorsqu'il a donné son discours d'investiture à Washington. Ce jour-là, nous avions l'impression d'assister au début de quelque chose de grand. Nous devons changer : ces mots expriment bien l'urgence d'agir. Nous ne pouvons nous empêcher d'établir un lien entre ce message et celui que nous entendons et dons nous ressentons les effets depuis quelques années. Les écoles de l'Ontario sont, elles aussi, sur le point de connaître quelque chose de grand. Le monde a changé, et nous, éducateurs comme élèves, apprenons à changer avec lui. Dans les salles de classe, les pratiques d'enseignement en littératie et en numératie ont commencé à changer. Nous avons bénéficié du fruit de la réflexion de mentors tels que Michael Fullan et Carmel Crevola. Le travail de débroussaillage effectué par notre Parcours fondamental d'enseignement et d'apprentissage, ainsi que les efforts d'amélioration des capacités déployés depuis quelques années, ont permis aux enseignantes et enseignants de l'Ontario d'entrer dans le 21e siècle. Ce qui se passe à présent dans bon nombre de nos écoles à la suite de ce changement d'orientation ne manque pas d'impressionner. Nous savons que la littératie pour le 21e siècle est en évolution constante. Exposés à des textes dans les médias et sur Internet et à des messages imprimés dans leur environnement, les élèves d'aujourd'hui sont appelés à devenir des consommateurs responsables de littératie et à mener une réflexion critique et approfondie sur les textes qui leur sont présentés. Ils sont encouragés à poser des questions sur le message d'un texte et à négocier avec l'auteur au sujet du sens du message. Ils apprennent qu'il n'existe pas de textes neutres, et que leur propre schéma peut les amener à interpréter ce sens d'une manière différente de leurs pairs. Notre enseignement stratégique et ciblé incite les élèves à réfléchir d'une façon qui est, selon la description d'Ellin Oliver Keene, plus efficace, profonde et éclairée. Par ailleurs, Alan Luke trouve que les parents remarquent que les enfants ne peuvent regarder une émission à la télévision ou parcourir l'allée des céréales au supermarché sans analyser la véritable signification des messages émis par les producteurs et par les fabricants alimentaires. N'est-ce pas justement cela que nous désirons pour les élèves : qu'ils deviennent des adeptes de la réflexion critique sur les motifs qui sous-tendent la publicité et le marketing? Depuis deux années environ, le Secrétariat de la littératie et de la numératie constate et soutient un grand changement dans les écoles, alors que les enseignantes et les enseignants créent des Communautés d'apprentissage professionnelles (CAP) et renforcent ce qu'ils savent et pratiquent en matière d'enseignement compétent de la littératie et de la numératie. Au lieu d'être des praticiens isolés qui enseignent leurs programmes derrière une porte close, ils deviennent des professionnels qui dispensent leur enseignement tout en soutenant leurs collègues et en collaborant avec eux. Leur pratique est de plus en plus transparente; ils sont donc de plus en plus responsables de ce qu'ils font tous les jours... et c'est une bonne chose. La façon universelle d'enseigner est en voie de disparition alors que les enseignantes et les enseignants mettent en pratique, dans leur travail quotidien, les trois principes énoncés par Fullan (la personnalisation, la précision et l'apprentissage professionnel). Les enseignantes et les enseignants prennent conscience de l'importance d'utiliser l'évaluation pour nourrir leur enseignement. Ils comprennent ce que Regie Routman veut dire quand il affirme que pour apprendre à lire, ce n'est pas un programme qu'il faut, mais une enseignante ou un enseignant compétent. L'idée énoncée par Steven Katz, selon lequel les besoins d'apprentissage des élèves sont un indicateur des besoins d'apprentissage des enseignantes et enseignants, est particulièrement pertinente quand ces derniers réfléchissent à leur pratique actuelle, la remettent en question et suivent des formations professionnelles afin de l'améliorer. Des discussions exhaustives sur l'apprentissage d'habiletés en lecture par les élèves ont régulièrement lieu dans les CAP partout dans la province. Lors d'une récente séance du Parcours fondamental d'enseignement et d'apprentissage, un enseignant a parlé d'une de ses initiatives : il a apporté à l'école un enregistrement de sa fille de trois ans qui décrivait comment préparer un mets selon une recette très simple, puis il a demandé à ses élèves de 1re année de mettre ces étapes par écrit, d'analyser leur exactitude, d'élaborer une rubrique et de rédiger une réponse adressée à sa fille au sujet de la démarche qu'elle avait décrite. En évaluant leur travail de façon collaborative et en émettant des commentaires authentiques, les élèves ont amélioré leurs capacités d'écoute critique et leur aptitude à donner voix à leurs écrits. Il nous est récemment arrivé, plus d'une fois, d'interrompre les échanges dans les CAP pour inviter les participants à prendre conscience du degré de profondeur de leurs discussions sur l'enseignement. Ils s'en rendent compte, en fait, et disent franchement qu'il y a quelques années, il leur aurait été impossible d'avoir des échanges aussi enrichissants sur les pratiques d'enseignement. C'est un changement positif qui représente un mouvement vers l'avant, et il faut en prendre acte. Le Secrétariat de la littératie et de la numératie a réalisé une étude collaborative sur l'enseignement de la numératie, en commençant par les conseils coïncidents dans des régions sélectionnées; celle-ci met en valeur l'existence d'une coopération fructueuse entre les conseils, les membres du personnel enseignant et l'administration. Le leadership et la capacité à l'échelle régionale font leur apparition, alors que les intervenants planifient et réalisent des leçons de mathématiques et évaluent l'acquisition des connaissances par les élèves. Un processus de modération par l'enseignante ou l'enseignant encourage l'analyse d'échantillons du travail des élèves en fonction de la preuve mathématique, du lien entre les solutions et de la planification des prochaines étapes de l'enseignement. L'envergure du projet pourrait paraître intimidante, sauf que l'ouverture d'esprit et le professionnalisme démontrés par les enseignantes et les enseignants en ont fait une expérience extrêmement enrichissante. La présence de huit à douze observateurs dans leur salle de classe pendant qu'ils travaillaient en dit long sur le courage des enseignantes et des enseignants et de leurs élèves. Les artefacts produits par les élèves rehaussent le niveau de la discussion mathématique, contribuant ainsi au processus d'édification de la capacité. L'utilisation de techniques « bansho », de leçons axées sur la résolution de problèmes et de manipulations et de stratégies d'apprentissage collaboratives ajoute du piment à ce projet. On ne peut que se réjouir quand on voit tous les élèves participer aux discussions qui se tiennent dans le cadre des leçons et répondre à l'invitation de partager leurs réflexions mathématiques. D'ailleurs, les élèves ne sont pas restés sourds à ces changements. En ce qui concerne la littératie, ils approfondissent leur lecture des textes, cernent le point de vue des auteurs, dégagent les messages sous-jacents et contribuent leurs propres opinions. Les enseignantes et enseignants invitent leurs élèves à dépasser l'interprétation superficielle et littérale des textes pour réfléchir de manière plus critique qu'auparavant. Pour ce qui est des discussions mathématiques, les élèves renforcent leurs aptitudes en communications, et l'utilisation de scénarios authentiques dans la résolution de problèmes permet de les interpeller. Sur le site YouTube, on peut voir une vidéo récente (www.youtube.com) qui met en vedette un garçon de 10 ans appelé Dalton Sherman en train de donner une allocution à 20 000 enseignantes et enseignants de la région de Dallas réunis pour une conférence de formation continue. Le jeune orateur commence par leur poser une série de questions : Croyez-vous en moi? Croyez-vous en mes camarades de classe? Il poursuit son discours en leur expliquant que c'est important de croire en lui, parce qu'ainsi, il pourra tout faire, tout devenir, tout créer, tout rêver. Alors que nous continuons d'avancer dans le monde en évolution du 21e siècle et d'évoluer avec lui, nous devons répondre, à ce garçon et aux milliers d'enfants que nous voyons tous les jours, un « oui! » retentissant. |
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