InspireDes stratégies pratiques pour le rendement des élèvesDonner la parole aux jeunes femmes dans nos écoles et nos communautésPar Mary Jennifer Payne « L'image qui nous vient en tête en parlant des garçons en est une de masculinité et de leadership. Si vous êtes un garçon, plus vous vieillissez, plus vous avez de pouvoir. Avec les filles, c'est l'opprobre. Et ça n'a rien à voir avec le leadership. » [Traduction] - Judy Mann, The Difference: Discovering the Hidden Ways We Silence Girls: Finding Alternatives That Can Give Them a Voice Vous cherchez à promouvoir et à favoriser l'équité entre les sexes et de l'esprit critique au sein de votre communauté scolaire? La création d'un groupe de leadership composé de filles constitue un excellent moyen d'atteindre ces objectifs. De tels groupes offrent aux élèves de sexe féminin la possibilité de se rencontrer et de se rapprocher dans un environnement sécuritaire où leurs préoccupations et aspirations seront entendues, examinées et appuyées. Cela revêt une importance particulière pour les adolescentes, comme le laissent entendre des études démontrant que le début de la puberté chez les filles est souvent caractérisé par une baisse de leur amour-propre, de leur confiance en elles et de leur assurance. Depuis les cinq dernières années, plusieurs de mes collègues et moi-même servons de guides à un groupe de leadership composé de filles de la 6e à la 8e année de la Nelson Mandela Park Public School, située au centre-ville de Toronto. Les filles avec qui je travaille non seulement se trouvent confrontées à des problèmes d'inégalités entre les sexes, mais la plupart d'entre elles se sentent souvent marginalisées à cause de leur situation socioéconomique et de leurs origines raciales, culturelles et/ou religieuses. Le but poursuivi en mettant ce groupe sur pied était de renforcer les compétences de leadership au sein de l'école et de la communauté. Nous désirions également que les filles s'imprègnent d'un fort sentiment de confiance et qu'elles aient la ferme conviction que leur opinion importe. Pour ce faire, nous avons décidé que le groupe se concentrerait sur des questions de justice sociale et sur les enjeux liés à l'égalité entre les sexes aux plans scolaire, communautaire et mondial. Nous souhaitions également porter notre attention sur le collectif, c'est-à-dire sur un groupe diversifié de femmes des milieux communautaire et scolaire travaillant au sein d'un processus de collaboration. L'accent devait être mis sur l'action. Cette démarche visait à donner aux filles la possibilité de développer leurs compétences de leadership tout en examinant les moyens leur permettant d'avoir un impact favorable sur le monde d'aujourd'hui. Il est impératif que toutes les femmes travaillant auprès de groupes de filles soient conscientes du potentiel dont sont dotés les jeunes pour devenir des agents de changement social. Au début, plusieurs des jeunes femmes auront besoin qu'on leur fournisse les conseils, modèles de compétences et possibilités qui les aideront à acquérir les compétences leur permettant d'assumer leur rôle de leader. Un choix judicieux d'ateliers, de sorties éducatives, d'orateurs, de conférences et de projets réalisés en collaboration contribuera au succès des filles à cet égard. Les ateliers et programmes auxquels nos filles ont participé au cours des cinq dernières années sont trop nombreux pour qu'on puisse les énumérer ici, mais ceux qu'elles ont mentionnés comme leur ayant été particulièrement utiles sont : le Women's Health Matters Forum and Expo, la conférence annuelle de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario (FEEO) sur le leadership des jeunes femmes tenue à l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario (IÉPO), le programme Busting Out! du Nightwood Theatre, la Stratford's Teaching Shakespeare School et les cours de Wen-Do (technique d'autodéfense) de Deb Chard. Dans notre groupe, nous avons procédé à l'analyse des causes profondes des nombreux problèmes que confrontent les filles et les femmes d'aujourd'hui. Par exemple, les filles ont mentionné que les stéréotypes sexuels ainsi que le fait de se sentir traitées comme des objets (parfois d'une manière agressive) par les garçons et par les hommes représentent l'un des problèmes auxquels elles doivent faire face chaque jour de leur vie. Conséquemment, nous avons visionné « Sexy Inc. », un film documentaire de Sophie Bissonnette, et en avons discuté ensuite. Ce film explore l'hypersexualisation de l'image des femmes dans notre société et la façon dont les femmes sont évaluées et considérées comme des objets, ce qui entraîne un sexisme plus important à l'égard des femmes et des filles et une baisse de leur estime de soi. En posant un œil critique sur les causes profondes des problèmes et en discutant de leurs effets sur nous tous, les filles ont commencé à « déstructurer » quelques-uns des stéréotypes négatifs qui les entourent. Elles ont également collaboré avec un organisme communautaire, Serve Canada, à l'élaboration d'un ouvrage destiné aux jeunes femmes intitulé She Speaks, qui traite de la prévention de la violence et de la promotion de saines relations. Au fur et à mesure que les filles développaient leurs compétences de leadership, leur voix devenait plus forte et elles assumaient davantage de responsabilités au sein du groupe. Encore une fois, leurs réalisations sont nombreuses : chanter lors des célébrations du Mois de l'histoire des Noirs (Black History Month), contribuer à la création de peintures murales dépeignant des modèles de comportement féminins en collaboration avec un artiste autochtone de la communauté de Regent Park, concevoir et mettre en œuvre une assemblée et des activités annuelles à l'échelle de l'école pour souligner la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes qui a lieu le 6 décembre, participer à la marche GuluWalk du Toronto District School Board, collecter des fonds et sensibiliser la population à la recherche sur le cancer du sein, organiser des ateliers de Wen-Do à l'intention des femmes de la communauté de Regent Park et participer aux cérémonies avec le Toronto Women of Colour Collective pour commémorer le 6 décembre. Les filles ont également dressé leur propre liste des qualités que possède une ou un « leader » et se sont fixées, individuellement et collectivement, un ensemble d'objectifs personnels à court et à long terme. Le succès du groupe est indéniable si l'on pense que la participation est passée, au fil des ans, d'environ huit filles à plus de trente aujourd'hui. Elles travaillent actuellement à la conception d'un site Internet afin que leurs écrits et leurs travaux atteignent une plus vaste audience. Comme l'écrivait l'une des filles de notre groupe dans un article paru dans le journal de l'école en décembre dernier : « Je me suis jointe au Groupe de filles parce que je veux devenir une leader. C'est tout ce dont il s'agit. ». Pourquoi créer un groupe de leadership composé de filles?
-- Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Mary Jennifer Payne à la Nelson Mandela Park Public School de Toronto au 416 393-1620. |
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