Réussite des élèves/Apprentissage jusqu'à l'âge de 18 ans


Jean-Michel, le mécanicien

Jean-Michel – Mon nom, c’est Jean-Michel. Je suis un élève coop de l’école publique Gisèle-Lalonde. Dans mes cours académiques, j’étais dans la  moyenne, surtout dans la plus basse des moyennes. Je me sentais, je ne sais pas, enfermé, je ne pouvais pas juste rester assis puis rien faire. J’aime mieux apprendre avec mes mains. J’ai entendu parler de coop à travers de l’école, de mes parents et du monde que je connais.

TEXTE : Dans vingt ans, 40% des nouveaux emplois feront appel à des ouvriers spécialisés ou à des techniciens. En 1988, cette proportion était inférieure à 20%.

Guylaine Ayotte, directrice, École secondaire publique Gisèle-Lalonde
Souvent le programme coop va venir sauver un élève aussi qui est en train de décrocher, on est en train de le perdre et c’est important de lui faire connaître une expérience où il va être valorisé dans ce qu’il aime faire et connaître le succès et souvent c’est un outil de raccrochage aussi aux études, parce que à ce moment-là l’élève voit la pertinence de l’étude et le lien avec le marché du travail.

Jean-Michel – Depuis que je suis ici, mes notes ont pas mal monté, à cause que c’est quelque chose que j’aime faire. Alors ça m’aide surtout dans le niveau académique.

Jean-François Binet, mécanicien, Mike’s Place, General Automotive Repairs
Jean-Michel, en ce moment, ça fait deux mois, un mois et demie, qu’il est avec nous. Il a commencé, il en savait un petit peu d’avance pareil. Il est le fun à travailler avec parce qu’il veut, il nous montre qu’il veut apprendre et qu’il veut savoir. Ça fait que c’est beaucoup  plus facile pour nous autres de lui en montrer, de vouloir lui en montrer aussi en même temps.

Jean-Michel – J’ai commencé, quand j’étais plus jeune j’achetais des livres sur la mécanique. Juste par prendre des affaires, les démonter, les remonter, ça m’a surtout aidé. J’ai aussi suivi le cours de PAJO, qui est relié à l’école qui  nous envoie étudier à la cité collégiale pendant environ deux mois et puis ça nous apprend toute la base de la mécanique.

Line Thivierge, mère de Hugo, élève PAJO
Le programme PAJO a permis à Hugo de s’avancer dans son programme scolaire puisque il a fait sa deuxième année les cinq derniers mois. Il a été au collège et il a terminé en même temps son secondaire.

TEXTE :    Mythe : Les métiers spécialisés paient de petits salaires.
Réalité : Plusieurs ouvriers spécialisés gagnent des salaires de l’ordre de 100 000$ et bénéficient d’excellents avantages sociaux.

Jean-Michel – Dans le futur, j’aimerais cela ouvrir mon garage de réparation générale et d’affaires pas mal « custom ».

Jean-François Binet – Moi, ça fait à peu près quatre élèves que je suis en ce moment. Des fois c’est un petit peu plus dur parce que des fois ils sont un petit peu plus jeunes et un petit peu moins rendus au point où on est mais c’est quand même une bonne expérience pour nous aussi en même temps de pouvoir travailler avec des élèves.

Jean-Michel – Je trouve que j’ai vraiment conquis de la responsabilité et de l’autonomie.

Ricky Briggs, enseignant en éducation coopérative, École secondaire publique Gisèle-Lalonde
Au début on voit un peu de changement chez l’élève, mais durant son séjour au travail on peut voir que l’élève devient mature, passe à l’étape d’adolescence à adulte. On peut voir que les tâches aussi, les tâches deviennent des tâches de plus de responsabilités.

Mère – Mon fils arrivait le soir et puis il me parlait juste de ses profs. Seulement de ses profs. Un de ses profs était un inventeur aussi et il était super content d’être dans cette classe-là. Il nous racontait toutes sortes de choses, il était fier. Cela lui a permis aussi de se trouver un employeur.

Jean-François Binet – Ils sont référés premièrement par leur professeur. Après ça, nous on aime donner une chance à n’importe quelle personne qui aimerait apprendre. S’ils décident qu’ils veulent être dans le métier, nous on voit cela comme une expérience de vie pour tout le monde.

Ricky Briggs, enseignant – Il y a plusieurs façons de trouver des employeurs, entre autres, on doit les rencontrer, faire une rencontre pour leur expliquer qu’est-ce que l’éducation coopérative. Beaucoup ont une idée de ce que c’est, par contre un élève en coop n’est pas un employé, donc on doit passer beaucoup de temps avec l’employeur pour identifier les tâches d’un élève coop.

Jean-François Binet – Ils sont pas mal faciles à travailler avec surtout à ce point-là, parce qu’ils voient qu’on veut leur montrer. C’est la prochaine génération qu’on montre en même temps à travailler.

Jean-Michel – Toute l’eau du radiateur qui rentre dans le moteur par le « gasket » tel quel. En faisant cela, ça brûle de l’huile et puis t’as une grosse fumée blanche derrière la voiture que tu conduis. T’es capable de te faire arrêter comme le client.

Avec coop, ça m’a aidé extrêmement pour bâtir ma voiture. Ça m’a donné exactement à savoir comment le faire.

Jean-François Binet – Pour son parcours d’élève, ça peut rien que l’aider à mettre un pied en avant. Ça va pouvoir lui donner une direction.

Guylaine Ayotte, directrice – On part toujours du champ d’intérêts des élèves. C’est important, c’est pour eux qu’on travaille. C’est à eux que s’adresse le programme, donc c’est pour vraiment combler leurs besoins. Ce qui est important, c’est que l’élève trouve sa voie, ce qui le passionne, et qu’il puisse cheminer dans sa carrière dans ce domaine-là.

Jean-Michel – À l’école, tu es assis sur un banc d’école et puis il y a un prof en avant de toi, tandis qu’ici tu es debout, tu fais ce que tu aimes à faire et tu bouges.